LE Chat fentant qu'en vne maifon il y
auoit plufieurs Rats,il y entra, &
maintenant il en prenoit vn, maintenant
vn autre:& ainfi par fucceffion de temps
il en tua plufieurs. Or quand les Rats vei-
rent que de iour en iour ils étoyent man-
gez,ils s'affemblerent tous en vn lieu, &
confultoyent de leur affaire. Il ne faut
plus (difoyent ils) que nous defcendions
en bas,fi nous ne voulons eftre tous per-
dus:mais il faut demeurer ici en haut, ou
le Chat ne peut monter. Le Chat fachant
le confeil des Rats, feignant eftre mort,
fe pendit par les piéds de derriere en vné
perche qui étoit attachée à la muraille,
I'vn des Rats regardant viuemét en bas,
quand il conneur que c'étoit le Chat, hau
mon ami(dift-il) quandie fauroye certai-
nement que tu fuffes vn foufflet, encore
ne defcendroy-ie pas en bas.
Le fens.
L'homme prudent, s'il ha été vne fois trompe,
il ne fe fiera plus aux hommes feints
mulez.
dißi-