Le cheval se tenait dans les pâturages, et voilà que le lion, avide de proie, arriva soudainement ;
en voyant la bête, il fut frappé d'une grande peur, et se dit en lui-même : Je suis acculé de tous côtés, et je ne sais pas quel choix faire. En effet, résister au lion est moins sûr pour moi, et tourner les talons est très dangereux. Je sais donc ce qu'il me faut faire : le lion est nobilé et miséricordieux, et face à une faiblesse apparente, il n'hésitera pas à aider. Il se mit donc à hennir et battait le sol de ses sabots, simulant un état misérable. En voyant cela, le lion s'approcha lentement et demanda la cause de tant de peine. On croit que le cheval lui répondit :
Pendant que je me promenais paisiblement dans mes pâturages, une grande épine très aiguisée a transpercé mon arrière-pied, et elle reste encore dans la blessure fraîche.
...
Personne ne devrait prendre pitié des pervers ou soutenir les injustes, parce que, plus ils seront soutenus, plus ils se révéleront hostiles.
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