Le renard et le coq

Giovanni Verdizotti - Fable 51
16ème siècle



Voir la fable originale en Italien
Voyant le Coq perché au lointain sur une branche de chêne,
La Renarde, pour le faire descendre de cette hauteur,
Et pouvoir ensuite le manger,
Eut une ruse : elle courut vite vers lui
Et se mit ainsi à lui parler,
Bonjour, mon frère ; oh quelle heureuse nouvelle
Je dois te rapporter. Non loin
De ces villages, tous les animaux
Se sont justement réunis ensemble ;
Et ils ont établi entre eux une telle paix,
Qu'elle durera éternellement dans le monde.
Et ils m'ont envoyée comme messagère
Pour faire connaître ces bonnes nouvelles
Aussi loin que je peux parcourir ce pays,
Tout comme ils ont envoyé d'autres messagers
Dans d'autres diverses parties de la terre,
Pour que chacun aille à l'endroit qui lui est assigné
Pour se réjouir avec ses nouveaux amis ;
Et jurer fidélité et bonne paix
Avec les autres, qui là-bas résident.
Donc, descends aussi de ces branches,
Et là-bas, immédiatement après
Avoir été enlacé par moi et avoir reçu le baiser
De la nouvelle paix, et de l’amour,
Qui doit toujours durer entre nous, frère,
Oubliant toutes les guerres du passé.
Ainsi parlait la Renarde. Et le Coq, avisé,
Connaît bien les ruses de la renarde,
Faisant semblant de croire ce qu’elle tramait,
Trouva dans ses propres paroles un moyen
De s'en débarrasser aussitôt :
Et montrant sa joie avec divers signes, commença à dire.
Je te rends, ma sœur, toute la gratitude
Que je peux pour une si chère nouvelle :
Qui apportera à tous la paix, et le salut :
Et je crois bien que la nouvelle aux alentours
Se répandra rapidement dans le monde entier,
Qui doit maintenant en ressentir une joie infinie :
Car je vois deux chiens courants venir vers nous en courant à toute vitesse
Peut-être pour exécuter le devoir, que tu es en train
De faire en tant que messagère de la nouvelle.
Ayant entendu cela, la Renarde, qui pensait
Que les chiens venaient vraiment,
Pour ne pas rester plus longtemps à son grand détriment
Au-delà de l'humiliation, qui pourrait s'aggraver,
Décida de s'enfuir alors.
Et en prenant congé avec des paroles douces, le Coq la supplia
D’attendre ses nouveaux amis,
Qui étaient de son office ses compagnons :
Car avec eux, en partant ensemble,
Elle donnerait plus de crédibilité à ceux qui l'entendraient
L'annonce agréable d’un si bon résultat :
Car ils seraient bientôt à ses côtés.
Elle prit alors encore plus de suspicion,
Et sans plus attendre, se mit à fuir
À sa honte et au grand plaisir du Coq.
Qui par ses farces bien orchestrées à l'égard de l’ennemie
Se sauva alors de ses propres farces,
Les hommes avisés, qui se font jouer des tours
Par ceux qui se vantent d’être rusés,
Ont souvent recours à la ruse des autres
Pour se défendre, et infliger une double humiliation,
À celui qui voulait le piéger dans son propre jeu.
Parfois celui qui pense tromper, est le trompé.

Gravures et Illustrations

Francis Barlow - 1704
Le chien, le coq et le renard par Francis Barlow, source: Les fables d'Ésope et de plusieurs autres excellents mythologistes (1704)
Jean-Baptiste Oudry - 1755
Le Coq et le Renard par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
Le Coq et le Renard par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)

Autres versions de la fable


Esope - Le chien, le coq et le renard
5ème siècle av J.-C.

Un chien et un coq ayant fait société allaient par chemins. Le soir venu, le coq monta sur un arbre pour y dormir, et le chien se coucha au pied de l'arbre qui était creux. Or le coq ayant, suivant son habitude, chanté avant le jour, un renard l'entendit, accourut et, s'arrêtant en bas de...
Les gens sensés, quand leurs ennemis les attaquent, leur donnent le change en les adressant à de plus forts.
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Marie de France - Le coq et le renard
13ème siècle

D'un coq parle le conte que voici
Aussitôt arrivé sur une ferme, il s'écria ;
Un renard approche tout près de lui,
...
Un homme fou, qui dans son paraître, parle quand il devrait se taire, et fait silence quand il devrait pourtant se plaire à parler.
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Verdizotti - Le chien, le coq et le renard
16ème siècle

Le Chien et le Coq un long voyage ensemble
Entreprend donc à travers divers bois et villes
Pour conclure leur chemin :
...
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Benserade - Fable 130
17ème siècle

Le Renard dit au Coq, Une paix éternelle
Est conclue entre nous, descends : Oui, deux Lévriers
Viennent, répond le Coq, m’en dire la nouvelle ;
...
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La Fontaine - Le Coq et le Renard
17ème siècle

Sur la branche d’un arbre était en sentinelle
Un vieux coq adroit et matois.
Frère, dit un renard, adoucissant sa voix,
...
C’est double plaisir de tromper le trompeur.
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