Le lion malade

Romulus - Fable 61
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
Il arriva une fois qu'un Lion tomba sérieusement malade, et toutes les bêtes se rassemblèrent autour de lui. Parmi elles, celles qui connaissaient l'art de la médecine lui dirent : Nous avons longuement et minutieusement discuté de ta maladie, ô roi, et nous serions très heureux de te venir en aide, mais nous ne pouvons le faire sans le cœur d'un Cerf. Le Cerf fut donc attrapé et préparé par ceux à qui cette tâche avait été assignée. Toutes les bêtes entouraient le Cerf et, une fois que son cœur fut extrait, il fut amené au Lion afin qu'il puisse le manger et recouvrer rapidement la santé, en se levant de son lit de maladie. Cependant, la Renard subtilement vola et mangea le cœur du Cerf qui avait été mis de côté. Ce cœur, recherché et minutieusement examiné parmi toutes les bêtes, ne fut retrouvé chez aucune d'entre elles. Le Renard fut suspecté et accusé d'avoir dévoré le précieux cœur du Cerf. La Renard répliqua : J'endure une grave injustice alors que vous m'accusez à tort d'un tel crime. Il y a beaucoup d'autres bêtes que vous devriez accuser plutôt que moi. Pensez-vous vraiment que je serais assez impie pour mettre ma gourmandise avant la santé de mon maître et roi? Mais si je suis amenée devant le Lion, je prouverai mon innocence, ce que je ne peux pas faire devant vous. Les bêtes sont donc d'accord et disent : Tu seras considérée comme innocente parmi nous, si tu peux prouver ton innocence au Lion. Elle fut donc amenée devant le Lion, qui lui demanda : Où est le cœur du Cerf qui devait être utilisé pour mon médicament ? Le Renard, avec surprise, répondit : Penses-tu, ô roi, que le Cerf avait un cœur? Il a certainement échappé de justesse à la première rencontre où nous voulions le capturer, puis à la seconde, et a à peine échappé à nos mains. S'il avait vraiment eu un cœur, il ne serait pas venu à la troisième rencontre, où il a été tué. Le Lion répondit : C'est vrai. Il est clair qu'il n'avait pas de cœur. Et ainsi, grâce à sa ruse, le Renard s'échappa.
Moralité. Très souvent, une personne prudente, en raison de sa capacité à croire facilement tout ce qu'on lui dit, est trompée par quelqu'un de malhonnête et d'astucieux.


Très souvent, une personne prudente, en raison de sa capacité à croire facilement tout ce qu'on lui dit, est trompée par quelqu'un de malhonnête et d'astucieux.

Autres versions de la fable


Esope - Le lion, le renard et le cerf
5ème siècle av J.-C.

Le lion étant tombé malade était couché dans une caverne. Il dit au renard, qu'il aimait et avec qui il entretenait commerce : « Si tu veux que je guérisse et que je vive, séduis par tes douces paroles le gros cerf qui habite la forêt, et amène-le entre mes mains ; car j'ai envie de ses...
L'amour des honneurs trouble la raison et ferme les yeux sur l'imminence du danger.
Lire cette fable

Babrius - Le lion malade
3ème siècle

Un lion malade gisait dans un antre formé par un rocher, et reposait sur la terre ses membres défaillants; il avait pour ami un renard, qui vivait avec lui dans une intime familiarité. Il lui dit un jour : « Veux-tu me sauver la vie? J'ai grand'faim de la biche qui habite sous ces pins sauvages,...
Lire cette fable

Marie de France - Le lion malade
13ème siècle

Un lion, de mal fort affligé,
Appela ses barons, sans délai convoqués :
Des médecins, voulait qu’on lui présente,
...
Quand le fou et le sage s’allient, si un partage s’impose, le sage sait se prémunir, par ses mots, l’autre il sait duper, sa fausseté pour vérité, faire accepter.
Lire cette fable