La petite chienne désirant obéir

Romulus - Fable 10
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
La petite chienne, enceinte et voulant mettre bas, n'arrivant pas à trouver un endroit convenable, a demandé à sa voisine, une autre petite chienne, de la recueillir chez elle jusqu'à ce qu'elle donne naissance à ses petits. Aimablement, la voisine, voyant sa détresse, l'accueillit et lui ordonna bravement d'entrer. Cependant, une fois les chiots nés, elle lui demanda de trouver un autre refuge, car les contraintes de l'espace était devenues trop compliquées. La mère, pourtant encore affaiblie par son récent accouchement, insista et demanda de rester jusqu'à ce que ses chiots soient capables de jouer et de sauter. En fin de compte, vaincue par ses supplications, la voisine lui accorda son souhait. Cependant, lorsque les chiots commencèrent à jouer et à sauter, elle lui demanda encore une fois de quitter sa maison. C'était désormais le milieu de l'hiver. La mère des chiots a répondu: "Comment voulez-vous proposer une telle chose et nous mettre à la porte alors que le vent du nord apporte la neige et que le froid glacial gèle chaque bête? Soyez cependant miséricordieuse et humaine avec nous, tolérez-nous jusqu'aux doux temps de l'été, lorsque nous pourrons sortir et courir." Apaisée une fois de plus, la voisine a accepté de les tolérer jusqu'à l'été. Cependant, une fois l'été arrivé, elle en a ordonné à la mère de quitter définitivement sa maison, ne voulant plus la supporter ni contre promesse ni avec argent. Voyant que la supplication ne servait plus à rien, la mère s'est tournée vers les menaces : "Votre pouvoir est faible, et il est étonnant que vous pensiez pouvoir nous expulser tous seuls. À mon avis, épargnez vos paroles, car mes petits sont maintenant forts et féroces. Si vous voulez les menacer, malheur à vous, malheur à vos peaux! La maison que vous déclarez être à vous passera à nous." Moralité. C'est ainsi que les individus rusés trompent même les plus simples d'esprit et les supplantes avec de douces flatteries. Après cela, ils les expulsent violemment de leurs biens et de leurs maisons.


C'est ainsi que les individus rusés trompent même les plus simples d'esprit et les supplantes avec de douces flatteries. Après cela, ils les expulsent violemment de leurs biens et de leurs maisons.

Gravures et Illustrations

Jean-Baptiste Oudry - 1755
La Lice et sa Compagne par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
La Lice et sa Compagne par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)

Autres versions de la fable


Phèdre - La chienne qui met bas
1er siècle

Les caresses d'un méchant cachent quelque piège : la fable suivante nous avertit de les éviter. Une Chienne, près de mettre bas, demanda à une de ses compagnes de lui prêter sa cabane pour y faire ses petits; elle l'obtint facilement. Puis, l'autre réclamant son asile, notre Chienne la supplia...
Les caresses d'un méchant cachent quelque piège.
Lire cette fable

Ademar - La chienne en chaleur et la truie
11ème siècle

Une chienne sur le point de donner naissance a demandé à une truie si elle pouvait exposer ses petits dans son logis. La truie a accordé sa demande. Après avoir exposé ses petits, la chienne a une nouvelle fois demandé que ses chiots soient renforcés. La truie a également accordé cette demande....
Ceux qui sont bons perdent souvent le leur en croyant des paroles flatteuses, et les paroles flatteuses causent souvent des affronts à de nombreuses personnes.
Lire cette fable

Marie de France - La chienne qui était sur le point de mettre bas
13ème siècle

Je vais à présent vous conter une histoire,
d'une lice prête à chauffer;
mais elle ne sait où elle pourrait être,
...
Cet exemple vous fera comprendre et vous pourrez le voir chez de nombreuses personnes respectables qu'à cause de la noblesse de leur cœur, ils sont dépossédés de leur héritage. Celui qui nourrit de mauvaises intentions envers eux ne s'en éloigne pas, même quand il le désire.
Lire cette fable

La Fontaine - La Lice et sa Compagne
17ème siècle

Une lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu’à la fin sa compagne consent
...
Ce qu’on donne aux méchants, toujours on le regrette : pour tirer d’eux ce qu’on leur prête, il faut que l’on en vienne aux coups ; il faut plaider ; il faut combattre. Laissez leur prendre un pied chez vous : Ils en auront bientôt pris quatre.
Lire cette fable