Le lièvre et la tortue

Giovanni Verdizotti - Fable 95
16ème siècle



Voir la fable originale en Italien
Un jour, le lièvre, voyant l'escargot avancer avec lenteur sur le chemin, commença à se moquer de lui en souriant, et à mordre de mots aigres et pesants la grande lenteur de son pied paresseux. La tortue, alors enflammée de dédain, challenge en course le lièvre rapide : Et tous les deux, d'accord pour désigner la juge de la chose, appellent la renarde astucieuse. Une fois donné le signal pour que chacune commence la course destinée à atteindre rapidement le but fixé, le lièvre, qui ne considérait pas du tout son adversaire, prit si peu au sérieux le fait de bouger ses pieds, voyant son compagnon si lent, qu'il a du mal à changer de lieu, qu'il s'endormit ; faisant trop confiance en la rapidité de son pied rapide pour tout l'honneur de la présente entreprise. Pendant ce temps, la tortue qui a hâté le cours avec une marche solitaire, atteignit enfin le but fixé, et obtint tout l'honneur, lorsque le lièvre s'aperçut enfin de l'erreur de sa confiance, et se repentit, mais en vain de son arrogance négligente. Souvent, l'homme doué d'intelligence et de force, en concurrence avec celui qui se voit inférieur, tentera une action dont l'honneur est requis ; Confiant dans sa vertu, il dort avec paresse devant l'action continue et longue, en espérant surmonter en très peu de temps toutes les difficultés de l'autre, et le temps écoulé : Il ne se rend pas compte qu'un mouvement continu, bien que faible, atteint plus rapidement son but qu'un autre plus agile et léger, qui gît paresseusement, que la confiance est fille de l'insouciance et mère de l'oisiveté ; D'où naissent la déception, la honte et les dégâts à tout moment. Se rendant compte de son grand mépris, il voit son rival, faible en suivant sans interruption le chemin facile de la vertu, qui conduit à l'honneur, surpassant lui-même, et dépouillant de la victoire la palme heureuse grâce aux efforts de ses longues études rendues beaucoup plus fortes peu à peu : Il se sent presque perdu de cette ancienne vigueur qui brûlait en lui par la seule faute de la paresse née de sa négligence infâme et stupide, ce qui le rend plein d'un repentir vil et d'une douleur misérable et lâche si grande qu'il ne peut commencer quoi que ce soit, puisqu'il se voit bien en dessous de beaucoup d'autres qui n'étaient rien pour lui : Et il passe tout le reste de sa vie avec un ennui extrême, bien pire que la mort, sans espoir d'honneur. Pour ceux qui n'ont pas la volonté d'œuvrer, l'intelligence et la force ne sont rien.

Gravures et Illustrations

Pierre Raymond - 1575
La tortue et le lièvre par Pierre Raymond, source: Salière ronde : Les Animaux de la fable (1575)
Francis Barlow - 1704
La tortue et le lièvre par Francis Barlow, source: Les fables d'Ésope et de plusieurs autres excellents mythologistes (1704)
Jean-Baptiste Oudry - 1755
Le Lièvre et la Tortue par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
Le Lièvre et la Tortue par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)
Percy Billinghurst - 1908
La tortue et le lièvre par Percy Billinghurst, source: Fables enfantines d'après Ésope et La Fontaine (1908)
Arthur Rackham - 1913
La tortue et le lièvre par Arthur Rackham, source: Fables d'Ésope illustrées par Arthur Rackham (1913)

Autres versions de la fable


Esope - La tortue et le lièvre
5ème siècle av J.-C.

La tortue et le lièvre disputaient qui était le plus vite. En conséquence ils fixèrent un jour et un endroit et se séparèrent. Or le lièvre, confiant dans sa vitesse naturelle, ne se pressa pas de partir ; il se coucha au bord de la route et s'endormit ; mais la tortue, qui avait conscience de...
Souvent le travail l'emporte sur les dons naturels, si on les néglige.
Lire cette fable

Benserade - Fable 67
17ème siècle

Le Lièvre et la Tortue allaient pour leur profit :
Qui croirait que le Lièvre eût demeuré derrière
Cependant je ne sais comment cela se fit,
...
Lire cette fable

La Fontaine - Le Lièvre et la Tortue
17ème siècle

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point :
Le lièvre et la tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
...
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Lire cette fable