Le voleur et le chien

Romulus - Fable 21
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
Un voleur, sorti pour voler la nuit, a pénétré dans l'enclos d'un homme, pour être fatigué par les aboiements persistants d'un chien vigilant. Le voleur, pour calmer la colère du chien, lui offrit du pain. Le chien dit alors : "Je n'ai guère de soin pour ton pain, que je reconnais, non pas que tu l'offres, mais que tu cherches à tromper. Car qui croirait à des cadeaux offerts par ceux qui sont avides ?" Et le voleur dit : "Pourquoi t'offrirais-je du pain si je voulais te tromper ? Et qu'est-ce que je pourrais obtenir de toi par tromperie, puisqu'il n'y a rien en toi qui me rende avide ?" Et le chien a répondu : "Je sais, je sais parfaitement ce que tu désires et ce à quoi tu tends. Je connais en effet tes affaires et tes voies qui aiment les ténèbres. Veux-tu donc que je te dise ce que tu désires ? Tu voudrais que je vende à toi, en échange d'un pain, la maison et le domaine ; si cela se produisait, je serais aussi vendu à ton pouvoir, et toi, méprisant la fraude connue, tu ne me donnerais alors plus de pain, mais tu me condamnerais, misérablement pris au piège, ou tu me jetterais à la mer avec une pierre attachée, et le travail et les dépenses de mon maître auraient été vainement épargnés. Il est donc plus juste pour moi de tenir ma loyauté et de sauver mon maître et rendre les pains que j'ai consommés, plutôt que de le vendre pour un seul pain. Restez donc et attendez le maître. Car il est temps qu'il vienne." Et le chien a commencé à presser le voleur avec des aboiements rudes, appelant le maître de la voix la plus forte possible.
Moralité. Ainsi le bien est sauvé, ce qui est dépensé pour le bien et le fidèle, qui ne sait pas oublier le bénéfice reçu, mais vise à cette fin pour pouvoir rendre la pareille à son bienfaiteur.


Le bien est sauvé, ce qui est dépensé pour le bien et le fidèle, qui ne sait pas oublier le bénéfice reçu, mais vise à cette fin pour pouvoir rendre la pareille à son bienfaiteur.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
Le Larron et le Chien par Anonyme, source: Livre Planude (1582)

Autres versions de la fable


Phèdre - Le chien fidèle
1er siècle

Une libéralité soudaine peut séduire; mais elle tend d'inutiles embûches aux gens d'expérience. Un Voleur de nuit jetait du pain à un Chien, et cherchait à le séduire par cet appât. « Tu voudrais me lier la langue, dit le Chien, et m'empêcher d'aboyer pour le bien de mon maître : tu te trompes...
Une libéralité soudaine peut séduire; mais elle tend d'inutiles embûches aux gens d'expérience.
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Ademar - Le Chien fidèle
11ème siècle

Lorsque le Voleur nocturne a donné du pain au Chien, le Chien dit : Veux-tu empêcher ma langue,
afin que je n'aboie pas pour les affaires de mon Maître. Tu cherches à faire un profit à partir de ma
faute.
...
La générosité soudaine semble plaire aux imbéciles.
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Marie de France - Le voleur et le chien
13ème siècle

D'un brigand je conte ici
qui espionna pour voler des moutons
dans la bergerie d'un paysan.
...
Chaque homme libre doit faire de même : si quelqu'un veut l'acheter ou le tromper avec de fausses promesses pour trahir son maître, il ne doit pas consentir.
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Planude - Le Larron et le Chien
14ème siècle

Un larron donnait du pain au chien, afin qu'il se taise. Le chien lui dit: "Je connais ta tromperie. Tu me donnes du pain afin que je cesse d'aboyer, mais je n'ai que faire de ton présent, car si j'emporte le pain, tu emporteras tout de cette maison."
Le sens :
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Benserade - Fable 22
17ème siècle

Le Chien dit au Larron qui le voulait surprendre
Par l’appât d’un morceau de pain :
Il n’est pas question de profit, ni de gain,
...
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