Le voleur et le chien

Marie de France - Fable 75
13ème siècle



Voir la fable originale en Vieux Français
D'un brigand je conte ici
qui espionna pour voler des moutons
dans la bergerie d'un paysan.
Avec lui, il portait un pain ;
Il voulait donner le pain au chien,
qui était chargé de garder la bergerie.
Le chien lui dit : "Ami, pourquoi
prendrais-je ce pain de toi ?
Je ne peux te le rembourser
ni lui garder le pain."
Le brigand dit : "Je ne demande rien en retour.
Mange le pain, garde ce qui reste !"
Le chien répond : "Je ne veux rien !
Je sais très bien, en toute conscience,
que tu veux étouffer ma gueule
pour que je ne puisse aboyer,
alors tu voleras nos moutons
quand le berger s'endormira.
Je trahirai mon maître
qui m'a nourri jusqu'à ce jour ;
il aurait mal dépensé
qu'il m'a nourri et choyé,
s'il avait perdu par ma garde
ce qu'il m'a longtemps confié.
Et toi, tu te moquerais de moi
et tu me traiterais de traître.
Je ne vais pas gagner ton pain ainsi."
Alors il a commencé à aboyer.
C'est en exemple qu'il nous montre ici
chaque homme libre doit faire de même :
si quelqu'un veut l'acheter
ou le tromper avec de fausses promesses
pour trahir son maître,
il ne doit pas consentir ;
il doit attendre la même récompense
comme le chien l'a fait avec le brigand.


Chaque homme libre doit faire de même : si quelqu'un veut l'acheter ou le tromper avec de fausses promesses pour trahir son maître, il ne doit pas consentir.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
Le Larron et le Chien par Anonyme, source: Livre Planude (1582)

Autres versions de la fable


Phèdre - Le chien fidèle
1er siècle

Une libéralité soudaine peut séduire; mais elle tend d'inutiles embûches aux gens d'expérience. Un Voleur de nuit jetait du pain à un Chien, et cherchait à le séduire par cet appât. « Tu voudrais me lier la langue, dit le Chien, et m'empêcher d'aboyer pour le bien de mon maître : tu te trompes...
Une libéralité soudaine peut séduire; mais elle tend d'inutiles embûches aux gens d'expérience.
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Ademar - Le Chien fidèle
11ème siècle

Lorsque le Voleur nocturne a donné du pain au Chien, le Chien dit : Veux-tu empêcher ma langue,
afin que je n'aboie pas pour les affaires de mon Maître. Tu cherches à faire un profit à partir de ma
faute.
...
La générosité soudaine semble plaire aux imbéciles.
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Romulus - Le voleur et le chien
11ème siècle

Un voleur, sorti pour voler la nuit, a pénétré dans l'enclos d'un homme, pour être fatigué par les aboiements persistants d'un chien vigilant. Le voleur, pour calmer la colère du chien, lui offrit du pain. Le chien dit alors : "Je n'ai guère de soin pour ton pain, que je reconnais, non pas que...
Le bien est sauvé, ce qui est dépensé pour le bien et le fidèle, qui ne sait pas oublier le bénéfice reçu, mais vise à cette fin pour pouvoir rendre la pareille à son bienfaiteur.
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Planude - Le Larron et le Chien
14ème siècle

Un larron donnait du pain au chien, afin qu'il se taise. Le chien lui dit: "Je connais ta tromperie. Tu me donnes du pain afin que je cesse d'aboyer, mais je n'ai que faire de ton présent, car si j'emporte le pain, tu emporteras tout de cette maison."
Le sens :
...
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Benserade - Fable 22
17ème siècle

Le Chien dit au Larron qui le voulait surprendre
Par l’appât d’un morceau de pain :
Il n’est pas question de profit, ni de gain,
...
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