Le singe et ses enfants

Avianus - Fable 12
5ème siècle



Voir la fable originale en Latin
La rumeur dit qu'une singe mettant bas deux jumeaux
divise selon diverse circonstances ses enfants nés.
Car elle élève par amour celui né de sa chair,
tandis qu'elle gonfle de haine envers l'autre.
Mais dès qu'un tumulte plus menaçant commence à effrayer la progéniture,
elle saisit ses enfants dans des conditions inégales:
elle porte le favori dans ses bras ou sur son cœur aimant,
pendant qu'elle soulève le méprisé avec son dos.
Mais quand elle ne peut plus tenir debout à cause de la fatigue de ses pieds,
elle abandonne de son propre gré le poids qu'elle porte à l'arrière.
L'autre, enroulant ses bras autour de son cou velu,
s'accroche et s'enfuit avec sa mère malgré elle.
Bientôt, il succède aussi au baiser de son frère préféré,
devenant l'unique héritier de ses grands-parents vénérables.
Ainsi, beaucoup sont aidés par la négligence et, dans un ordre inversé,
l'espoir renvoie à nouveau les humbles vers une meilleure destinée.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
Le Singe et ses deux enfants par Anonyme, source: Livre Planude (1582)

Autres versions de la fable


Esope - Les enfants de la guenon
5ème siècle av J.-C.

Les guenons, dit-on, mettent au monde deux petits ; de ces deux enfants elles chérissent et nourrissent l'un avec sollicitude, quant à l'autre, elles le haïssent et le négligent. Or il arrive par une fatalité divine que le petit que sa mère soigne avec complaisance et serre avec force dans ses...
La fortune est plus puissante que toute notre prévoyance.
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Babrius - Les singes
3ème siècle

La guenon porte deux petits; mais une fois qu'ils sont nés, elle n'a pas pour eux une égale tendresse: cruelle dans son amour, elle étouffe l'un à force de caresses; l'autre lui est indifférent, elle le rejette; il va dans la solitude des bois, et il y vit. Ainsi en usent bien des hommes; mieux...
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Planude - Le Singe et ses deux enfants
14ème siècle

Le Singe (comme on dit) quand il a porté deux jumeaux, il aime l'un et ne tient compte de l'autre. Or donc, la Singesse avait accouchée de deux jumeaux, et dans sa gêne, il lui advint une frayeur, et voulant éviter le danger qu'elle voyait devant ses yeux, elle prit celui qu'elle aimait entre...
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