Le renard et le hérisson

Giovanni Verdizotti - Fable 91
16ème siècle



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Dans le passé, un renard avait traversé une rivière à la nage
Et était déjà proche de l'autre rive
Quand il resta coincé dans un certain lotus.
Et pendant qu'il luttait, le malheureux
S'enfonçait de plus en plus et s'emmêlait dans celui-ci,
Comme le destinait sa mauvaise fortune.
Finalement, tout effort pour s'en sortir était vain,
De sorte que, déjà épuisé, il ne bouge pas du tout,
Et une horde d'insectes ennemis l'assaillait.
Ainsi, un malheur venant s'ajouter à un autre
Il a longtemps souffert de ces étranges piqûres,
Qui avaient presque entièrement consommé son sang.
Alors, venant de ses tanières vers la rivière
Le hérisson, profondément attristé par son mal, se lamente :
Et lui parle ensuite avec des mots humains :
Je suis prêt, si tu le souhaites,
A chasser ces mouches de ton entourage,
Avec mes épines, comme je le fais parfois :
Car du bourbier, où elle séjourne malgré elle,
Je ne peux la sortir
Même si je me donnais la peine pendant plus d'un jour.
Alors le renard lui dit, qui voulait le libérer
Comme un ami de tant de peine,
En lui rendant grâce en ces termes.
Ne fais pas cela, mon frère : ces mouches, maintenant pleines de mon sang,
Ne peuvent plus me faire plus de mal
Que ce qu'elles m'ont déjà fait jusqu'à présent.
Car si un nouvel essaim de mouches arrive,
Affamées, elles devront d'abord me prendre
Ce peu qui me reste dans les veines ;
Et donc je pourrais mourir plus rapidement :
Il est donc préférable de rester un peu en vie
Pendant le temps que le ciel me laisse.
Ainsi, cet exemple invite les gens
A tolérer leur tyrannie avare,
Pour ne pas infliger une nouvelle blessure à leur mal,
Si elles tiennent à vivre longtemps.
Supporte et résiste à un mal si tu ne veux pas qu'il s'aggrave.