Le petit de l'âne et le loup

Giovanni Verdizotti - Fable 78
16ème siècle



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L'âne, déjà malade dans sa crèche
Gisait très près de la mort,
Et sa réputation s'était répandue autour.
Ainsi, pour le visiter, se déplaça
Avec un cœur malveillant, et un visage feint
Le Loup ; et déjà près de la porte,
Qui fermait l'étable, à travers d'un certain trou
Il regardait à l'intérieur ; et voyant le petit âne
Allongé à côté de son père malade,
Il l'appela à lui, le priant de l'ouvrir,
Car il voulait visiter son géniteur.
Et lui, qui le connaissait, refusa de le faire.
Alors le loup, tout confus en lui-même,
Faisant semblant d'avoir pitié de ses cas,
Lui demanda quelle était alors la situation
De son père, qu'il sentait malade.
À qui, en riant, le petit âne répondit,
Va, si tu as peut-être un autre chemin à parcourir ;
Il va beaucoup mieux, plus que tu ne le souhaiterais.
Tel doit être de l'ennemi le visage suspect
Celui qui te montre un signe d'amour ;
Si avec l'œil meilleur de l'esprit sain
Tu ne vois pas quel est son cœur dans la poitrine.
Si tu vis en conflit, et si tu veux rester sans peine,
Méfie-toi aussi du bien de l'ennemi.