Le cygne et la cigogne

Giovanni Verdizotti - Fable 62
16ème siècle



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Le Cygne, maintenant proche de la fin
De sa vie, avec des accents doux,
Faisait l'éloge de ses propres membres
Bientôt privés de leur esprit.
La Cigogne, qui se tenait au bord de la rivière,
Où il aimait laver ses plumes blanches,
Le rejoint, et lui demande la raison
De son chant alors qu'il est proche de la mort,
Que chaque animal craint naturellement,
Et qui pleure même en pensant au jour
Où elle doit arriver, bien que lointaine.
Alors le Cygne répondit.
Je chante de ma vie la fin juste,
Que la Nature impose nécessairement
À tous comme mère, et grande dispensatrice
Et du bien et du mal, comme la chance
De chacun souhaite, et avec raison requiert :
Je chante mes misères passées :
Je chante ensuite la paix future,
Et le repos éternel, dont la vie
Est toujours privée, et continuellement préoccupée
De se procurer la nourriture avec effort
Se sent toujours en grande peine et travail :
Et je me réjouis que, en arrivant à la fin
De cette vie, j'arrive aussi à la fin
De tant de souffrances, et je suis sur le point de sentir toujours
Dans le sein de la nature des choses,
Qui sont au monde sous quelque forme que ce soit
Ou l'état varié du premier
Aspect, dans lequel elles avaient substance et vie,
Le repos doux et sempiternel.
Car, même si je ne serai pas ce que, maintenant,
Je sens, d'où pourrait dire peut-être quelqu'un
Que je ne sentirai jamais mal ni bien ;
Moi, qui aurai changé de sort et de forme,
Je vivrai dans celui qui me donnera la chance
Vivre avec cette vigueur, qui de ma vie
Tirera sous une autre forme au milieu du grand
Fagot des éléments sous n’importe quelle forme
De ceux-ci que le corps éteint se résout,
Ou peut-être un autre animal, qui de lui sort
Par la grande vertu des sphères célestes,
Qui donnent au tout toujours un commencement et une fin.
Ainsi parla : et la Cigogne ne put
Rien dire contre ses vives raisons.
Ainsi tout le monde devrait se contenter
De son sort, et de la loi éternelle,
Que la Nature, et la volonté de Dieu imposent
Avec le même poids à tous les animaux :
Et accueillir la mort avec un visage joyeux
Comme on tient la vie chère et douce,
Etant la fin de toute misère humaine
La mort, et cette vie un mauvais voyage ;
D'où l'homme doit désirer revenir au port
De la tranquillité de l'autre vie
Quoi qu'elle soit, ce qu'elle sera ensuite,
Puisque rien de nous ne peut se perdre,
Qui ne vit pas dans le sein de la Nature
Comme cela plaît à Dieu ; à sa volonté chacun
Doit être content, et se faire loi à lui-même
De la raison, qui de son saint esprit
Par un moyen savant descend et pleut sur nous.
Que celui qui vit et meurt ainsi, vit éternellement
Après la mort de la vie humaine ;
Et meurt en vivant doucement en Dieu,
Avec lequel il s'unit d'une manière étonnante,
Quand il quitte la terre, et devient un Dieu.
Si tu veux vivre heureux éternellement,
Ne crains pas ce que tu ne peux échapper.