Sur l'aigle et l'épervier

Romulus - Fable 123
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
L'aigle était en colère contre le faucon, et ordonna qu'il soit capturé et présenté à elle. Alors les oiseaux s'envolèrent, selon la commande de l'aigle à laquelle ils étaient censés servir, et poursuivirent le faucon qui fuyait de toutes ses forces. Alors qu'ils le pressaient ardemment avec une grande masse et qu'il commençait à s'épuiser, il se réfugia dans une caverne d'un rocher pour échapper à la mort. Après cela, les oiseaux se tenaient à l'extérieur, l'observant attentivement et faisant le siège. Cependant, après avoir attendu longtemps sans qu'il ne sorte, ils réfléchissaient à comment le faire sortir. Il semblait donc à eux que cela pourrait être fait convenablement par le héron, si avec son long bec, il le poussait et l'attrapait de l'intérieur. La tâche est donc confiée au héron. Celui-ci, préparant son esprit contre l'ennemi, commença à harceler le faucon qui chancelait. Alors que le héron, avec son long cou, l'énervait trop et l'épuisait, le faucon attrapa prudemment le cou du héron avec son bec et le tint captif. Cependant, le héron, anxieux et submergé par une grande terreur, lâcha des fientes liquides, souillant par la même occasion les oiseaux de sa troupe qui regardaient vers le haut. Finalement, après avoir retrouvé son cou, le héron, honteux de son action, ne voulut pas rester dans son pays. Mais il pensa immédiatement à traverser la mer et entreprit son voyage. La corneille lui demanda où il allait et d'où il venait. Et le héron répondit : "La honte me chasse de mon pays et je me hâte de traverser les mers". À quoi la corneille répondit : "Tu reviendras dans ton pays grâce à ma louange, car, où que tu fuyes, ton derrière te collera toujours". Moralité : le méchant en France sera méchant en Angleterre : car c'est le ciel qui change, non l'esprit, en traversant la mer.