La panthère

Romulus - Fable 104
11ème siècle



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La panthère est tombée dans un piège. Ceux qui avaient creusé le piège, voyant la bête capturée, la tourmentaient de diverses façons. Certains la frappaient avec des bâtons; d'autres la poussaient avec des poteaux; d'autres encore la bombardait de pierres. Mais comme il est courant que la vue inspire de la grâce, il y avait là un homme qui avait pitié d'elle, et qui dit aux autres: "Epargnez cette innocente qui n'a blessé personne". Et par ces mots, il apaisa leur colère, de sorte qu'ils cessèrent de la persécuter. Alors, certains là-bas lui lancèrent du pain pour qu'elle puisse survivre. Puis, à la tombée de la nuit, ceux qui partaient la laissèrent à moitié vivante, avec l'intention de revenir le lendemain matin pour l'extraire morte.
Plus tard cependant, la panthère, reprenant des forces, s'échappa avec un bond rapide et retourna à ses tanières. Après quelques jours seulement, la panthère, n'ayant pas oublié les injustices qu'elle avait subit, ne tarda pas à rendre la monnaie de leur pièce à ses persécuteurs. Ainsi, arrivant au village, elle fit fuir les bergers, dispersa les troupeaux, en mordant et dévorant, et, lançant une attaque sur les laboureurs, elle les effraya. Ces derniers, ne se souciant pas des dommages, ne suppliaient que pour leur vie. Alors la panthère leur répondit: "Je sais qui m'a frappé avec des bâtons, qui m'a lapidé. Je sais qui m'a été favorable et qui m'a donné du pain : je vais rendre à chacun ce qu'il mérite."
Morale de l'histoire. Que les méchants et les injustes entendent ceci, qu'ils ne blessent personne injustement, et que les miséricordieux se réjouissent, car ils obtiendront de la miséricorde.


Un homme méchant et unjuste

Autres versions de la fable


Phèdre - La panthère et les bergers
1er siècle

Ceux que l'on offense rendent ordinairement la pareille. Un jour, une Panthère imprudente tomba dans une fosse. Des paysans l'aperçurent; les uns l'accablent à coups de bâton, les autres à coups de pierres; mais quelques-uns, pris de pitié, et pensant qu'elle mourrait sans en recevoir...
Ceux que l'on offense rendent ordinairement la pareille.
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