Du Cheval et du Cerf

Romulus - Fable 105
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
Il y avait une dispute entre le Cheval et le Cerf. En effet, le Cheval, voyant le Cerf se déplacer noblement avec une allure erecte, ses magnifiques cornes émergeant, son ventre gracile et sa démarche facile, enviait les dons de la nature qu'il avait reçus. Il alla donc vers le chasseur et dit : "Je connais un grand Cerf bien gras que tu peux facilement attraper. Sa viande honorera ta table pendant de nombreux jours ; ses cornes ont des propriétés médicinales ; brûlées, elles combattent la fièvre ; et sa peau ne sera pas inutile ; elle enrichira ton sac d'argent.". Le Chasseur, cupide, appréciait ses paroles et demanda comment il pourrait le capturer. Le Cheval répondit : "Il doit être attrapé avec mon aide : vous me monterez et je trouverai le Cerf. Dès que vous l'aurez vu, vous le transpercerez immédiatement avec votre lance.". Le Chasseur monta donc le Cheval et délogea le Cerf qui, pris de peur, fit une course sans cesse en traversant montagnes et sauts, et disparu de leur vue grâce à sa meilleure course. Ainsi, le Cheval, percé par les éperons et fatigué par la chasse, a dit à son cavalier : "Nous manquons de forces et nous n'attrapons pas ce que nous poursuivons. Il vaut mieux que nous nous arrêtions avant de nous effondrer complètement. Descends donc et laisse-moi partir." Le Chasseur lui répondit : "Je ne te possède pas pour te permettre de me donner des ordres; mais tu feras plutôt ce que je te dis, que tu le veuilles ou non, sous mes rênes et mes éperons."
Moralité. Ainsi, les envieux, pour se rendre plus forts que ceux qu'ils envient, se soumettent volontairement à leur pouvoir. Mais souvent, il se trouve qu'ils ne peuvent pas réaliser leurs désirs en eux, ni échapper à la servitude qu'ils ont volontairement acceptée.


Les envieux, pour se rendre plus forts que ceux qu'ils envient, se soumettent volontairement à leur pouvoir. Mais souvent, il se trouve qu'ils ne peuvent pas réaliser leurs désirs en eux, ni échapper à la servitude qu'ils ont volontairement acceptée.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
Le Cerf et le Cheval par Anonyme, source: Livre Planude (1582)
Francis Barlow - 1704
Du Cheval et du Cerf par Francis Barlow, source: Les fables d'Ésope et de plusieurs autres excellents mythologistes (1704)

Autres versions de la fable


Esope - Le sanglier, le cheval et le chasseur
5ème siècle av J.-C.

Le sanglier et le cheval partageaient le même pâtis. Comme le sanglier à chaque instant détruisait l'herbe et troublait l'eau, le cheval, voulant se venger de lui, recourut à l'aide d'un chasseur. Mais celui-ci ayant déclaré qu'il ne pouvait lui prêter main-forte que s'il consentait à recevoir...
Bien des gens, en voulant, sous le coup d'une colère aveugle, se venger de leurs ennemis, se jettent sous le joug d'autrui.
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Phèdre - Le cheval et le sanglier
1er siècle

Un Sanglier, en se vautrant, troubla l'eau d'un gué où un Cheval venait se désaltérer: de là une querelle. Le coursier, irrité, implora le secours de l'homme, le reçut sur son dos, puis retourna contre son ennemi. Le cavalier lança ses traits et tua le Sanglier, et parla ainsi, paraît-il, au...
Il vaut mieux dévorer une insulte, que de se livrer à autrui.
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Planude - Le Cerf et le Cheval
14ème siècle

Le Cheval menait la guerre contre le Cerf. Le courageux Cerf, plus habile au combat et plus adroit dans la lutte, chassa le Cheval des passages. Le pauvre Cheval repoussé demandait l'aide de l'homme. Il retourna avec son cavalier, et attaqua son ennemi. Celui qui avait été vaincu devint alors...
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