L'ingratitude de Xanthus

Maxime Planude - Fable 1.19
14ème siècle



Voir la fable originale en Vieux Français
Presque arrivés à la maison, Ésope vint parler à son maître, et lui dit : "Je t'ai fait plaisir toute ma vie, Seigneur, n'ai-je pas mérité d'être affranchi ?"
Mais Xanthus le repoussa en disant : "N'ai-je pas bonne volonté de t'affranchir ? Sors et tiens-toi à la porte et regarde si tu verras deux corneilles, et reviens me dire : si il y en a deux, ce sera bon signe, et s'il n'y en a qu'une, ce sera mauvais augure."
Après que Ésope fut sorti, et qu'il eut vu par hasard deux corneilles perchées sur un arbre, il retourna l'annoncer à Xanthus. Pendant que Xanthus sortait, l'une s'envola, et ne voyant qu'une corneille, il dit : "Malheureux homme, ne m'as-tu pas dit que tu en avais vu deux ?"
"Oui", répondit-il, "mais l'une s'est envolée."
Alors Xanthus dit : "Tu n'avais rien d'autre à faire (banni) que de te moquer de moi."
Il ordonna alors qu'il soit bien battu. Pendant qu'on le battait, le prévôt invita à souper Xanthus. Et Ésope recevait les coups, disant : "Oh misérable moi, j'ai vu deux corneilles, et je suis battu ; et toi qui n'en as vu qu'une, tu vas faire grand chère."
Ainsi, la divination fut fausse. Alors Xanthus, admirant la vivacité de son esprit, commanda qu'il ne soit plus battu.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
L'ingratitude de Xanthus par Anonyme, source: Livre Planude (1582)
Anonyme - 1582
L'ingratitude de Xanthus par Anonyme, source: Livre Planude (1582)