Pres qu'ils furent de retour en la
maifon, Efope vint parler à fon mai
tre,& lui dift, le t'ay fait plaifir toute ma
vie, Seigneur, n'ayie pas merité d'eftre
affranchy? Mais Xanthus le repienāt ai-
gremét lerepouffa,difant:N'ay-ie pas bo-
ne voloté det'affrãchir? Sors & te tié à la
porte & regarde fi tu verras deux corneil-
les,& le me vié dire:q s'il y en ha deux,ce
fera bo figne,& s'il n'y en ha qu'vne, ce
fera mauuais augure. Apres doc'qu'Efo-
pe fut forty, & que d'auenture il eut veu
deux corneilles branchecs fus vn arbre, il
retourna l'annoncer à Xãthus. Ce pendat
que Xanthus fortoit l'vne s'é-vola, & n'é
voiat qu'vne il dift: Malheureux home,
ne m'as tu pas dit q tu cn auois veu deux.
Ouy (dift-il) mais l'vne s'en eft volee.
Lors Xanthus dift: Tu n'auois autre cho-
fe à faire (banný)finon que tu te moquaf
de dé moy. Parquoi il comanda qu'il fuft
tresbien battu. Or quand on le battoit, le
Preuoft inuita à fouper Xanthus. Et Efo-
Pe receuat les coups,difoit: O moy mife-
rable i'ay veu deux corneilles, & ie fuis
battu: & toy qui n'en as veu qu'vne, tu
vas faire grand chere. Parquoy la diuina-
tion fut faufe. Lors Xathus s'ebahiflant
de la viuacité de fon efprit, commanda
qu'il ne fut plus battu.