ON ce temps Efope cópofa fes fables,
lefquelles il laiffa au Roy Crefus, &
font encore auiourd'hui en la maifon
royalle en Lydie. Or ayant charge d'am
bafade & lettres du Roy pour l'accord
fait auec les Samiés, il retourna en la vil-
le de Samos. Les Samiens donc vindrent
au deuant de lui,& luy apporterent chap-
peau de fleurs, & à caufe de lui ordonné-
rent danfes & ieux publiques. Eſope leut
les lettres du Roy, & par icelles il leur
montra comment il recopenfoit fa liber-
té,que le peuple luy auoit doneé,par vne
autre liberté, laquelle il auoit impetrée
du Roy. Puis aprés de laiffant l'Ifle de Sa-
mos, il alloit par tout le mode difputant
auec les Philofophes. Il arriua docen Ba-
bylone,& en demontrant là fa doctrine,
il aquift la grace du Roy Lycerus, telle-
mét qu'il fut vn des plus gras de fa court.
Or en ce remps là les Rois auoyent pais
cnséble, & pour plaifir s'entr'enuoioyent
I'vn à l'autre par lettres, des queſtions So-
phiftiques: & ceux qui les pouuoiét fou-
dre, receuoyent des autres tributs, felon
qu'il eftoit accordé entr'eux: & ceux qui
ne pouuoyent foudre, enuoioyer aux au-
tres. Efope donc entendant tous les pro-
blemes qui étoyent enuoyez à Lycerus,
rendoit là folutio d'iceux,& par ce moyen
le Roy acqueroit grád bruit. Il enuoioit
aufli au no de Lycerus d'autres queftions
aux autres Rois, lesquelles ils ne pouuoy-
ent foudre, parquoy fon Roy receuoit
grans tributs.