Eiourenfuyuant Xanthus comada à
Efope qu'il allaft aux eftunes, & s'en
quift s'il y auoit beaucoup de gés: car il
fe vouloie eftuuer. Or en paffant il ren-
contra en fon chemin le Preteur, lequel
fcachat qu'Efope eftoit aXatlius, luy de
manda ou il alloit. Efope refpondit: Ie ne
fçay.Le Preteur penfant qu'il ne ting cố-
pte de fa demade,& qu'il fe mocquaft de
luy, comanda qu'on le menaft en prifon.
Quand donc on trainoit Efope, il s'efcria
difant:Ne vois tu pasfo Preteur) come ie
t'ay bien refpondu? Et certe ie ne penfoye
pas aller ou le vay. Ie t'ay rencontré, &
maintenant tu me fais mener en prifon,
Lors le Preteur eftonné de cefte foudaine
refponce, le laiffa aller: Efope donc eftant
venu aux eftuues y veit vne grade multi-
tude de gens, & veit auffi vne pierre au
milieu de l'entrée à laquelle heurtoyent
tous ceux qui entroyent & fortoyent. Or
vn quidam entrant pour s'eftuuer ofta la
Pierre, & la mit ailleurs. Efope retourné
vers fon maitre lui dit: Seigneur fi tu te
veux eftuner,ie n'ay veu qu'vn home aux
eftuues. Xathus y alla,& voyāt vne grá
de multitude de gés dit: Qu'eft ceci mai-
tre Efope? Ne m'as tu pas dit que tu n'a-,
uois veu qu'vn home?Ouy bien, dit Efo-
pe,cari'ay trouué cette pierre(la montrat
de la main)mife à l'étree, à laquelle heur
toient tous allans & venans: mais vn qui-
dam auant qu'y heurter l'ofta de faplace,
& la mit ailleurs. Parquoy day dit que ie:
n'auoys veu qu'vn homme, plus eſtimat
cettui que tous les autres. Lors Xanthus
dift:il n'y ha rien qui puiffe retarder Efo-
pe qu'il ne réponde promptement.