Le chien et l'agneau

Caius Iulius Phaedrus - Fable 3.15
1er siècle



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Un Chien entendit bêler un Agneau parmi des chèvres: « Pauvre bête! lui dit-il, tu te trompes, ta mère n'est pas ici; » et il lui montra un troupeau de brebis paissant à l'écart. « Je ne cherche point, répondit l'Agneau, celle qui conçoit quand il lui plaît, qui porte pendant certains mois un fardeau qu'elle ne connaît pas, et s'en débarrasse ensuite en le déposant à terre; mais je cherche celle qui me nourrit en m'offrant ses mamelles, et qui, pour m'élever, dérobe à ses enfants une partie de leur lait.
Cependant tu dois préférer celle qui t'a donné le jour.
Non, certes, répondit l'Agneau; savait-elle seulement si je naîtrais noir ou blanc? et, quand elle l'aurait su, elle ne m'a point rendu un si grand service en me donnant le jour, puisque je suis un bélier, attendant à chaque instant le couteau du boucher. Lorsque ma mère a conçu, sa volonté n'y était pour rien; pourquoi la préférer à celle qui a eu pitié de moi et qui m'accorde bénévolement des soins si touchants? C'est l'affection qui fait la parenté et non la loi de la nature. » L'auteur a voulu démontrer dans ces vers que les hommes qui résistent aux lois cèdent aux bienfaits.


C'est l'affection qui fait la parenté et non la loi de la nature.

Autres versions de la fable


Romulus - La brebis qui a confié son agneau à la chèvre
11ème siècle

Autrefois, une brebis confiait son agnelet à une chèvre pour qu'il soit nourri. Celui-ci, alors nourri du lait de la chèvre (ainsi), avait l'habitude de fréquenter les forêts et les pâturages avec le troupeau de chèvres. Mais un jour, le chien des chèvres, le voyant different de ses chevreaux,...
Il y a beaucoup de personnes qui, par habitude, qui est la seconde nature, dévient de leur origine, ne reconnaissent pas ceux qui les ont engendrés, mais préfèrent ceux qui les ont nourris; et c'est pourquoi elles se détournent de la nature et se pervertissent.
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