Le lièvre et le cerf

Marie de France - Fable 70
13ème siècle



Voir la fable originale en Vieux Français
Un lièvre aperçut un cerf debout ;
Ses bois il se mit à contempler,
Très beau lui paraissait sa tête.
Il se considéra plus bas que la moindre bête,
Car il ne possédait pas de cornes
Et qu'il était si peu développé.
Il alla discuter avec la pie,
Il commence à lui demander
Pourquoi elle ne l'a pas retenu
Et doté de cornes majestueuses
Comme le cerf qu'il avait vu.
Elle aurait dû lui répondre :
« Tu te trompes, dit-elle, laisse faire,
Tu ne pourrais pas les porter. »
— « Si, je le ferai bien », lui rétorque-t-il.
Alors, il eut des cornes sur la tête,
Mais ne put absolument pas les porter,
Car il ne savait pas se déplacer ;
Il avait plus qu'il ne lui en fallait
Et plus que sa taille ne justifiait.
Par cet exemple, je veux montrer
Que les envieux et les avides
Veulent toujours améliorer leur sort,
Et ils veulent s'élever,
Mais par leur imprudence, ils en retirent
Ce qui leur cause grand dommage.


Que les envieux et les avides veulent toujours améliorer leur sort, et ils veulent s'élever, mais par leur imprudence, ils en retirent ce qui leur cause grand dommage.