La femme et l'ivrogne

Esope - Fable 87
5ème siècle av J.-C.



Voir la fable originale en Grec
Une femme avait un ivrogne pour mari. Pour le défaire de son vice, elle imagina l'artifice que voici. Elle observa le moment où son mari engourdi par l'ivresse était insensible comme un mort, le chargea sur ses épaules, l'emporta au cimetière, le déposa et se retira. Quand elle jugea qu'il avait cuvé son vin, elle revint et frappa à la porte du cimetière : « Qui frappe à la porte ? » dit l'ivrogne. « C'est moi qui viens apporter à manger aux morts », répondit la femme. Et lui : « Ne m'apporte pas à manger, mon brave, apporte-moi plutôt à boire : tu me fais de la peine en me parlant de manger, non de boire. » La femme, se frappant la poitrine s'écria : « Hélas ! que je suis malheureuse ! ma ruse même n'a fait aucun effet sur toi, mon homme ; car non seulement tu n'es pas assagi, mais encore tu es devenu pire, et ton défaut est devenu une seconde nature. »
Cette fable montre qu'il ne faut pas s'invétérer dans la mauvaise conduite ; car il vient un moment où, bon gré, mal gré, l'habitude s'impose à l'homme.


Il ne faut pas s'invétérer dans la mauvaise conduite ; car il vient un moment où, bon gré, mal gré, l'habitude s'impose à l'homme.

Gravures et Illustrations

Jean-Baptiste Oudry - 1755
L’Ivrogne et sa femme par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
L’Ivrogne et sa femme par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)

Autres versions de la fable


La Fontaine - L’Ivrogne et sa femme
17ème siècle

Chacun a son défaut, où toujours il revient :
Honte ni peur n’y remédie.
Sur ce propos d’un conte il me souvient :
...
Chacun a son défaut, où toujours il revient : honte ni peur n’y remédie.
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