Le cavalier et le cheval

Babrius - Fable 75
3ème siècle



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Un cavalier, tant que dura la guerre, donnait à son cheval large pitance d'avoine et de foin, trouvant en lui dans les combats un vaillant compagnon. La campagne terminée et la paix revenue, le cavalier ne recevait plus de solde du peuple; le cheval alors allait à chaque instant de la forêt à la ville, traînant de gros troncs d'arbre; on le louait pour porter des fardeaux de côté et d'autre; il soutenait à peine sa vie avec quelques misérables chaumes, et son dos ne sentait plus la selle. Mais dès qu'un nouveau cri de guerre retentit autour de la ville, que la trompette invita tous les citoyens à fourbir leurs boucliers, à harnacher leurs chevaux, à aiguiser le fer, le maître remit le frein au cheval, le fit avancer et se disposa à le monter. Le cheval épuisé tomba sur ses genoux: « Va, lui dit-il, va t'enrôler à pied dans les hoplites; de cheval tu m'as fait âne; comment d'âne pourras-tu-me faire redevenir cheval? »

Autres versions de la fable


Esope - Le cheval et le soldat
5ème siècle av J.-C.

Un soldat, pendant toute la durée de la guerre, avait nourri d'orge son cheval, compagnon de ses travaux et de ses dangers. Mais, la guerre finie, le cheval fut employé à des besognes serviles et au transport de lourds fardeaux, et il ne fut plus nourri que de paille. Cependant une autre guerre...
Dans les temps de sécurité et de relâche, il ne faut pas oublier les temps de malheur.
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