Le chat et le coq

Giovanni Verdizotti - Fable 46
16ème siècle



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Le chat, entrant dans une basse-cour, attrapa
Un coq, et décida de le tuer
Sous un prétexte quelconque,
Pour ensuite le manger tout à son aise,
Il lui dit donc. Ah misérable, maintenant
Le temps est venu, car je vais me venger
De mille offenses que tu as faites à autrui.
La nuit, comme un fou, tu chantes et cries
A tel point que tout le monde se réveille à cause de l’importun
Bruit de ta voix rauque et ennuyeuse,
Et perd le doux repos
Du doux sommeil, qui oublie tout mal.
Là-dessus, le coq répondit : au contraire, mon chant est celui,
Qui invite à l’œuvre tous les mortels, qui désirent
Mener leur vie loin de l'oisiveté,
Qui est la mère de tous les maux ; et les rappelle
A ne pas se laisser aller dans les plumes paresseuses ;
Et pour cela, je ne chante jamais hors de propos.
Le chat ajouta alors : bien que je pourrais
Réduire à néant avec des arguments puissants
Ces vaines excuses, inutilement
Je ne veux pas perdre la peine et le temps :
Mais je vais aller plus loin en me souvenant
De tes autres crimes dignes de punition.
Et que diras-tu, profane, scélérat,
Débauché, et plein de luxure,
Si je te rappelle à quel point tu es impie,
Et loin du respect de la vertu,
Qu'à tous les temps avec une immense lascivité
Avec tes sœurs, avec tes filles, et même
Avec ta propre mère tu couches charnellement ?
A ceci, le coq répondit : tout est vrai :
Mais je le fais pour maintenir de notre
Espèce la race ; et enrichir celui qui,
Est mon maître, et me nourrit à la maison
Pour cet effet, et puis je le fais sous la contrainte,
Car c'est ainsi que le maître me l'impose
Ne me donnant pas d'autres de mon espèce
Pour conserver, et agrandir la progéniture,
Que les sœurs, et les filles, et même
La mère elle-même ; alors tu me blâmes à tort
Pour le péché d'autrui, et tu m'accuses à tort
Du bien, qui apporte tant d'utilité à autrui.
Alors le chat : bien que chaque raison
Voir dans ton excuse n'est pas raisonnable
Cependant je vais te laisser aller ton chemin,
Et puis mourir de faim pour l'amour de toi :
Et ayant dit cela, il le condamna à mort.
L’homme incliné à faire le mal n’écoute pas la raison.

Gravures et Illustrations

Anonyme - 1582
Le Chat et le Coq par Anonyme, source: Livre Planude (1582)
Francis Barlow - 1704
La belette et le coq par Francis Barlow, source: Les fables d'Ésope et de plusieurs autres excellents mythologistes (1704)

Autres versions de la fable


Esope - La belette et le coq
5ème siècle av J.-C.

Une belette, ayant attrapé un coq, voulut donner une raison plausible pour le dévorer. En conséquence elle l'accusa d'importuner les hommes en chantant la nuit et en les empêchant de dormir. Le coq se défendit en disant qu'il le faisait pour leur être utile ; car s'il les réveillait, c'était...
Une mauvaise nature, déterminée à mal faire, quand elle ne peut pas se couvrir d'un beau masque, fait le mal à visage découvert.
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Planude - Le Chat et le Coq
14ème siècle

Le Coq, saisi par le Chat, lui demandait pourquoi il voulait le manger. Le Chat lui reprocha qu'il était un animal importun, d'autant qu'en chantant de nuit, il ne permettait pas aux hommes de dormir. Le Coq s'excusait, disant qu'il faisait cela pour leur profit, c'est-à-dire qu'il les...
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Benserade - Fable 78
17ème siècle

Le Chat veut sur le Coq passer sa grosse faim,
Et cherchant un prétexte honnête pour le faire,
Ah, dit-il, il mourra l’incestueux vilain,
...
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