Le citadin et sa pie

Romulus - Fable 46
11ème siècle



Voir la fable originale en Latin
Un citadin avait un geai apprivoisé, qu'il avait instruit à imiter la voix humaine, à force de répétitions. Cependant, par un malheureux hasard, son voisin a causé la mort de l'oiseau. Le maître, très affecté par la mort du geai, a porté plainte devant le juge. Ce dernier lui a dit : "La mort de l'oiseau n'est pas très préjudiciable, à moins qu'il y ait une raison particulière pour la louer." Alors, l'urbain a dit : "Il avait la capacité d'imiter la voix humaine; il répétait remarquablement nos mots et nos phrases, et avait l'habitude de produire des mélodies inédites." Le juge : "Si c'est comme vous le dites, il est clair que la perte de votre oiseau est grande. On appelle donc le voisin, l'auteur du préjudice, qui, craignant d'être reconnu coupable, essayait de flatter le juge et apporta avec lui sous son manteau une peau de bélier teinte en rouge. Le juge, observant l'extrémité de la peau, comprit le sens de la chose et l'interprétation du discours. Il demande donc au plaignant : "Quel genre de refrain ou quels mots notre geai disait-il?" Celui-ci a répondu : "Je ne connais pas son refrain, ni ne peux reproduire ses mots." Alors le juge, touché par le cadeau de la peau, dit : "A mon avis, l'oiseau dont vous parlez, ni sa vie ni sa mort n'ont causé de grand dommage."
Moralité. Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas parler, mais qui ne veulent pas se taire.


Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas parler, mais qui ne veulent pas se taire.