Les deux Mulets

Jean de La Fontaine - Fable 1.4
17ème siècle



Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé
Et faisait sonner sa sonnette ;
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein, et l’arrête.
Le mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire.
Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe et je péris !
Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu’un meunier comme moi,
Tu ne serais pas si malade.


Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi.

Gravures et Illustrations

Jean-Baptiste Oudry - 1755
Les deux Mulets par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Baptiste Oudry - 1755
Les deux Mulets par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
Les deux Mulets par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)
Gustave Doré - 1867
Les deux Mulets par Gustave Doré, source: Fables de La Fontaine avec les dessins de Gustave Doré (1867)

Autres versions de la fable


Phèdre - Les deux mulets et les voleurs
1er siècle

Deux Mulets cheminaient lourdement chargés, l'un portait l'argent du fisc dans ses paniers, l'autre des sacs gonflés d'orge. Le premier, fier de son fardeau, marche la tête haute, et fait fièrement sonner sa sonnette; son compagnon le suit d'un pas tranquille et modeste. Soudain des voleurs...
L'obscurité, protège; tandis que les richesses exposent au danger.
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