Les oiseaux et le choucas

Babrius - Fable 71
3ème siècle



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Iris, la brillante messagère des dieux, annonça un jour aux oiseaux que dans les célestes demeures on allait disputer le prix de la beauté. Tous aussitôt l'entendirent, et tous souhaitèrent d'obtenir les présents des dieux. D'un rocher inaccessible aux chèvres même coulait une source dont l'eau douce tombait en nappe transparente. Tout le peuple des oiseaux s'y réunit, et chacun vint y laver son bec et ses pattes, secouer ses ailes et peigner ses plumes. Il s'y trouva aussi un choucas, vieux fils de la corneille; il prit une plume à l'un, une plume à l'autre, et les accommoda à son corsage humide; seul ainsi il se montra paré, aux dépens de tous les autres, des couleurs les plus variées, et plus fier qu'un aigle, il prit son vol vers l'Olympe. Jupiter, transporté d'admiration, allait lui décerner le prix, si une hirondelle, en vraie fille d'Athènes, ne fût venue confondre l'imposteur, et lui arracher la première plume: « Ne me calomnie point, » s'écriait le choucas. Mais tous aussitôt d'accourir et de plumer le voleur, et, des premiers, la tourterelle, la grive, la pie, la huppe qui se joue sur les tombeaux, et le vautour qui guette les oiseaux imprudents. Le choucas fut reconnu. Enfant, pare-toi de tes grâces naturelles; si tu empruntes une parure étrangère, on t'en dépouillera.

Autres versions de la fable


Esope - Les choucas et les oiseaux
5ème siècle av J.-C.

Zeus, voulant instituer un roi des oiseaux, leur fixa un jour pour comparaître tous devant lui : il choisirait le plus beau de tous pour régner sur eux. Les oiseaux se rendirent au bord d'une rivière pour s'y laver. Or le choucas, qui se rendait compte de sa laideur, s'en vint ramasser les...
Les hommes qui ont des dettes, tant qu'ils sont en possession du bien d'autrui, paraissent être des personnages ; mais quand ils ont rendu ce qu'ils doivent, on les retrouve tels qu'ils étaient auparavant.
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