L’Homme et la Puce

Jean de La Fontaine - Fable 8.5
17ème siècle



Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux,
Souvent pour des sujets même indignes des hommes :
Il semble que le ciel sur tous tant que nous sommes
Soit obligé d’avoir incessamment les yeux,
Et que le plus petit de la race mortelle,
À chaque pas qu’il fait, à chaque bagatelle,
Doive intriguer l’Olympe et tous ses citoyens,
Comme s’il s’agissait des Grecs et des Troyens.
Un sot par une puce eut l’épaule mordue.
Dans les plis de ses draps elle alla se loger.
Hercule, se dit-il, tu devais bien purger
La terre de cette hydre au printemps revenue !
Que fais-tu, Jupiter, que du haut de la nue
Tu n’en perdes la race afin de me venger !
Pour tuer une puce, il voulait obliger
Ces dieux à lui prêter leur foudre et leur massue.


Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux, souvent pour des sujets même indignes des hommes.

Gravures et Illustrations

Jean-Baptiste Oudry - 1755
L’Homme et la Puce par Jean-Baptiste Oudry, source: Fables Choisies Mises en Vers Par J. De la Fontaine (1755)
Jean-Jacques Grandville - 1840
L’Homme et la Puce par Jean-Jacques Grandville, source: Fables de La Fontaine illustrées par JJ Grandville (1840)

Autres versions de la fable


Esope - La puce et l'athlète
5ème siècle av J.-C.

Un jour une puce alla d'un saut se poster sur un doigt de pied d'un athlète malade, et tout en sautant elle lui fit une morsure. L'athlète en colère préparait ses ongles pour l'écraser ; mais elle prit son élan, et d'un saut, un de ces sauts dont elle a l'habitude, elle lui échappa et évita la...
Nous ne devons pas appeler tout de suite les dieux pour des bagatelles inoffensives, mais pour des nécessités plus pressantes.
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